économie

Poursuite d’une reprise mondiale, mais à géométrie variable

La reprise économique mondiale s’est poursuivie au 2e trimestre, avec de notables différences entre régions. Aux États-Unis, la conjoncture a été très favorable. En zone Euro, les indicateurs se sont stabilisés. En Chine, des signes de ralentissement sont apparus.

Au 2e trimestre, les inquiétudes liées au risque de guerre commerciale se sont accrues : les décisions protectionnistes de l’administration Trump ont déclenché des ripostes dans les pays visés, suivies de nouvelles menaces américaines. Le risque politique a augmenté en Europe, surtout en Italie.

 

Sur les marchés d’actions, après -2,3 % au 1er trimestre, l’indice MSCI Monde mesuré en devises locales a rebondi de +2,0 % au 2e trimestre. Ce rebond repose pour l’essentiel sur le marché américain (+3,1 % après -1,1 % au 1er trimestre) dopé par la réforme fiscale et les révisions en hausse des prévisions de croissance des résultats.

L’Europe (+2,5 % en monnaies locales) et le Japon (+1,0 % en yens) progressent également par rapport au 1er trimestre. Il ne s’agit là que d’un effet d’optique, compte tenu de l’appréciation du billet vert. L’Italie baisse (-4,2 % en euros et -9,0 % en dollars) suite à l’arrivée au pouvoir d’une coalition eurosceptique. À l’inverse, le Royaume-Uni rebondit (+8,0 % en livres et +1,7 % en dollars).

Les taux longs ont baissé ces dernières semaines. Le taux à 10 ans allemand est tombé à moins de 0,3 %.

ACCÉLÉRATION DE LA CROISSANCE AMÉRICAINE

Après un début d’année décevant, les chiffres publiés entre avril et juin ont montré une accélération de la croissance. Le revenu disponible, le taux d’épargne et l’emploi, bien orientés, soutiennent la consommation. Mais une pression inflationniste apparaît dans de nombreux secteurs, soutenue par un marché du travail tendu ainsi que par la progression du prix des importations et du pétrole. La Réserve fédérale a remonté son taux directeur en mars et, à nouveau, le 13 juin. Elle affirme sa confiance dans les perspectives économiques, en annonçant deux hausses de taux supplémentaires à venir en 2018. Le risque de guerre commerciale a refait surface en mai et juin, quand les États-Unis ont rendu effectifs de nouveaux droits de douane.

DES INDICATEURS DU CLIMAT DES AFFAIRES MITIGÉS EN ZONE EURO

Après un 1er trimestre moins bon qu’attendu, les chiffres de la zone Euro sont restés mitigés au 2e trimestre, quoique toujours compatibles avec une croissance du PIB à un rythme d’environ 2 % par an. Au plan politique, le 2e trimestre a été marqué par l’avènement, en Italie, d’un gouvernement de coalition unissant Ligue du Nord et Mouvement 5 Étoiles, souvent qualifiés d’« anti-système ». En juin, ce gouvernement a tenté de rassurer les marchés sur ses futures décisions budgétaires.

CONTEXTE MONDIAL MOINS FAVORABLE DANS LES PAYS ÉMERGENTS

La donne économique a changé pour les pays émergents. La normalisation de la politique monétaire américaine et la forte appréciation du dollar ont conduit de nombreuses banques centrales à cesser leur politique d’assouplissement monétaire, voire à augmenter leurs taux, y compris parmi les banques centrales des pays asiatiques, jusque-là relativement épargnées.

« Défiance, suite aux diverses prises de position de D. Trump sur les tarifs douaniers »

Par ailleurs, les diverses prises de position de D. Trump sur les tarifs douaniers n’ont pas aidé à stabiliser les devises émergentes, et ont entraîné un choc de défiance sur l’investissement en capital fixe.

À NOTER

La reprise économique mondiale devrait se poursuivre au cours des prochains trimestres. États-Unis et zone Euro devraient rester sur des dynamiques solides, tandis que les émergents peuvent, en majorité, compter sur de bons fondamentaux pour affronter leurs propres difficultés. Le risque de guerre commerciale devrait perdurer.

INDICATEURS DE MARCHÉS AU 29 JUIN 2018

Source : Société Générale Gestion

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